Paroles d’étudiant AVEC
Miguel Z. "SEPTEMBRE 1870


" Par Miguel élève en dernière année en école d’ingénieur aéronautique"


Que savent les Martiniquais de leur Histoire ? Pas grand chose voire rien.
Pourquoi ?

Tout simplement parce que dès l’origine, l’Ecole Publique n’a pas consacré un millionième de son temps d’instruction à la connaissance du milieu réel. Pour résumer, disons que cette école n’a été qu’un lieu de gavage des cerveaux avec tout ce qui concerne le reste du Monde. De tout ce qui nous a été enseigné, la Martinique était absente.

Ainsi, c’est la raison pour laquelle j’ai tenu à faire un rappel historique des événements qui se sont produits dans le Sud de la Martinique en Septembre 1870.

A la fin du mois de Septembre1870, le Sud de la Martinique s’embrasait sous le coup d’une révolte populaire. De Rivière-Pilote à Sainte-Anne, de Saint-Esprit au Vauclin en passant par Sainte-Luce et Rivière Salée, plus d’un millier de Martiniquais en armes se dressa contre l’arbitraire des possédants et des forces coloniales. L’élément qui servit de détonateur à ce que l’Histoire a retenu sous le nom de « L"Insurrection Du Sud » fut l’altercation violente qui survint en février 1870 entre Léopold LUBIN, un jeune noir, et le Français Augier de MAINTENON à Grand Fond au Marin. Altercation dûe au prétexte que le premier ne se serait pas écarté et n’aurait pas salué le dernier. Après avoir cherché en vain justice auprès des tribunaux, en avril, Léopold LUBIN infligea une sévère correction à de MAINTENON au bourg du Marin. Le 19 août 1870, LUBIN est condamné à 5 ans de réclusion au bagne de Cayenne et à une lourde amende. Indignés devant une telle injustice, des nègres de toutes conditions à la tête desquels se distinguèrent Eugène LACAILLE, Louis TELGA, Rosalie SOLEIL, Auguste VILLARD ou encore Daniel BOLIVARD levèrent un grand vent de révolte. La France venait d’être vaincue par la Prusse et dans les rues des villes du Sud de la Martinique, la population dansa aux cris de « Vive la Prusse ». A cette époque, la défaite de la France a été perçue comme une occasion favorable pour mettre en avant certaines revendications : mettre un terme à l’arrogance et la suprématie béké, confisquer et redistribuer certaines grandes propriétés , etc…

Pendant 9 jours donc, du 19 au 27 septembre, une véritable insurrection armée( un véritable soulèvement populaire) aboutit à des incidents et des incendies. L’une des premières cibles fut parmi la cinquantaine d’habitations brûlées, celle de CODE, blanc raciste qui s’était vanté d’avoir fait condamner LUBIN et avait pendant plusieurs mois fait flotter un drapeau blanc à fleur de lys sur ses propriétés symbole royaliste et esclavagiste(«yo pété koko kodé» proclame le proverbe créole)

Devant l’étandue du soulèvement (15 communes du Grand Sud y compris Trinité Gros-Morne Lamentin), le gouverneur Mensche de loisne fait appel à la troupe et à la milice qui se livrent à une répression féroce et sanglante sous l’autorité du commandant Lambert.Des dizaines de rebelles sont massacrés sur place, 500 emprisonnés dans les forts de Fort de France, d’autres condamnés au bagne ou aux travaux forcés à perpétuité, les principaux chefs fusillés au polygone DESCLIEUX (actuel stade DESCLIEUX) en 1871. TELGA put échapper aux recherches et trouva refuge à Sainte-Lucie.